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Sclérose Latérale Amyotropique

Les pistes thérapeutiques sont nombreuses en effet, car pour agir sur le processus il existe beaucoup de voies :

  • Blocage de l’expression du gène SOD1 : en bloquant le gène on limite par définition les possibilités ultérieures de misfolding et à l’aide vecteurs viraux, l’équipe de Kaspar a montré que l’injection dès la naissance à l’animal transgénique pouvait empêcher totalement le déclenchement de la maladie. D’où l’espoir issu de la thérapie génique qui tarde un peu à se mettre en place, car les étapes administratives sont lourdes. Mais d’autres possibilités d’administration existent en particulier les oligo antisens, évoqués au chapitre thérapeutique « thérapie génique » de ces actualités.
  • Limitation de l’expression protéique : en agissant sur les ARN messagers ou à l’aide d’ARN interférentiels, il est possible comme précédemment en limitant la production de SOD1 et limiter celle de misSOD1.
  • Améliorer les processus d’élimination de misSOD1 : la cellule en effet est, à un moment, dépassée par la quantité de protéines à éliminer. Les systèmes d’élimination, de dégradation, des composants de l’organisme sont dénommés sous le terme global d’autophagie. Récemment, Iyer et collaborateurs, octobre 2018, ont montré que C9ORF72 était une protéine importante de l’autophagie. Les mutations du gène C9ORF72 sont les plus fréquemment responsables des formes familiales de SLA avec ou sans démence fronto temporale. L’induction de l’autophagie permet ainsi de limiter l’expression pathologique des mutations et de leur conséquence, le misfolding. Beaucoup de groupes dont certains ont présenté leurs travaux aux JR4, journées de recherche des centres SLA d’octobre 2018 (en particulier le groupe du Dr Kabashi à Paris et celui du Dr Sellier à Strasbourg), ont des résultats allant dans le même sens. Cette autophagie peut être induite par de nombreuses molécules dont certaines sont des médicaments connus, qu’il serait intéressant d’étudier dans la maladie. L’un d’entre eux, la rapamycine, fait l’objet d’un essai actuellement.
  • Bloquer misSOD1 directement à l’aide d’anticorps. Cette approche, nous l’avons dit dans un autre chapitre a amené des résultats encourageants chez l’animal et est explorée par plusieurs groupes et laboratoires.

Maintenant que nous avons une cible précise pour un mécanisme pathogène, il devient possible de développer des stratégies précises pour attaquer cette cible et pouvoir la détruire. Nous sommes plus que jamais dans l’ère thérapeutique de la SLA, même s’il va falloir hélas encore un peu de temps pour mettre tout cela en application.