Une nouvelle voie pour avoir la SLA et/ou pour expliquer sa diffusion 

Qu'est-ce qu'une maladie à prion ? La plus classique est la maladie de Creutzfeldt-Jakob, dans laquelle le prion, une protéine naturelle, voit sa structure modifiée et acquiert des propriétés qui vont enclencher une cascade de mort cellulaire. Puis, cette protéine va diffuser aux autres cellules nerveuses qui vont ensuite mourir de proche en proche.

C'est ce mécanisme qui est impliqué dans la SLA par plusieurs équipes dont celle de Borchelt (USA) et de Cashman (Canada). L'idée de départ partait de la constatation que la SLA évolue en flaque d'huile : la paralysie se "répand" sur l'organisme de proche en proche. Ainsi quand un patient débute par le bras droit, il n'est pas ensuite touché à la jambe G, mais la maladie diffuse du bras droit à la jambe droite, puis passe à gauche par exemple. Cette diffusion peut être le reflet d'une activation des cellules environnantes, de l'immunité, que l'on appelle microglie, et il y a des arguments dans ce sens. Mais elle peut aussi se faire par un mécanisme de type prion et, dans ce cadre, la responsable serait la protéine SOD1 qui, en devenant structurellement modifiée, on dit misfoldée (mal repliée, en français), peut progressivement modifier les autres protéines SOD1 et ainsi peu à peu tuer la cellule. Cette cellule une fois morte, va libérer la SOD1 misfoldée qui va "infecter" les autres cellules etc. Cette SOD1 misfoldée est détectée dans le système nerveux mais aussi dans le sang des patients, qu'ils soient porteurs d'une mutation SOD1 ou non et c'est le point important de ces recherches.

Les chercheurs ont montré que quand on injecte dans le nerf sciatique d'une souris saine, un homogénat de système nerveux venant d'une souris malade, porteuse de SOD1 misfoldée, on peut avec les semaines détecter la SOD1 misfoldée progressivement dans le système nerveux de la souris initialement saine, qui va ensuite être malade et mourir.

Ainsi, la SLA pourrait être potentiellement transmissible, comme l'était le Creutzfeldt-Jakob, mais probablement pas aisément et surement dans des conditions très particulières.

La meilleure connaissance de ce phénomène permet, pour traiter la maladie, d'utiliser soit des anticorps anti SOD1 misfoldée ou, voir les notes sur les virus AAV, des bloqueurs du gène SOD1 pour bloquer la maladie. C'est un espoir thérapeutique sérieux.